Le Dolphin-Watching à La Réunion : Focus sur les populations résidentes de Dauphins long bec

 

Groupe de dauphins long bec observés au large de l’Île de La Réunion

L’observation de la faune marine
sauvage à La Réunion

Le Whale-Watching, ou le Dolphin-Watching sont des phénomènes en vogue attirant de plus en plus de touristes et se développant de manière exponentielle depuis une dizaine d’années dans le monde entier. Néanmoins, l’observation des cétacés a des conséquences à court et long terme sur les populations animales
concernées : leur mode de vie, leur reproduction, leur repos et leur alimentation, l’élevage de leurs petits sont impactés par cette activité.

Sur l’île de La Réunion, l’observation de la faune marine sauvage concerne les baleines à bosse –Megaptera novaeangliae durant leurs mois de présence lors de l’hiver austral, mais également plusieurs espèces de delphinidés, notamment le dauphin long bec –Stenella longirostris, possédant une population résidente à l’année dans cette partie de l’océan Indien et se voyant menacé par la pression anthropique. Plusieurs études ont démontré que la présence de navires autour de ces groupes d’animaux impacte leur socialisation et augmente leur stress. Ce constat n’est en rien aidé par des observations qui ne sont pas réalisées dans le respect de la réglementation mise en place afin de protéger cette faune marine.  

 

Observation d’un groupe de Stenella longirostris actifs

Une publication dans ANIMALS

L’équipe Quiétude du CEDTM a réalisé une étude portant sur le Dolphin-Watching et son impact sur le comportement des dauphins long bec à La Réunion. Il a été publié fin septembre 2021 dans l’édition spéciale Zoo and Wild Animals Welfare Assessment de la revue internationale ANIMALS.

Cette publication est une excellente nouvelle : Animals est une revue ouverte à la communauté scientifique internationale en open source, publiant des articles offrant un nouvel éclairage sur tout domaine d’étude impliquant des animaux. Cet article est donc une véritable récompense et une reconnaissance scientifique du sérieux des recherches effectuées.

L’article décortiqué

Pendant 1 an et demi, de février 2018 à juin 2020, des données ont été collectées par les chercheurs du CEDTM, à partir du navire semi rigide de l’équipe Quiétude. Des protocoles d’échantillonnage via un balayage instantané ont été utilisés à intervalles réguliers afin d’enregistrer le comportement des individus, la composition des groupes, la cohésion de ceux-ci en présence ou absence de navires.

L’information majeure ressortant de cette étude est la suivante : la présence de navires en observation semble affecter les comportements des dauphins long bec. Les états et comportements vitaux (socialisation, repos) sont interrompus ou diminuent fortement au profit des tours en rond et des déplacements continus. Enfin, les comportements d’évitement augmentent lorsque les règles d’approches ne sont pas respectées, le nombre de navire entourant les animaux jouant également sur leurs réactions.

 

Deux Stenella longirostris en déplacement

Et maintenant ?

Pour pallier tout cela, l’équipe Quiétude du CEDTM intervient depuis 2017 sur le plan d’eau, afin de sensibiliser les professionnels et les amateurs et leur rappeler les différentes préconisations et mesures à adopter en présence de cétacés. Une réglementation a supplémenté la charte originelle, et un Plan Directeur de Conservation en faveur des dauphins long bec a été lancé en 2021. Les premières actions de la part du CEDTM devraient intervenir dès novembre de cette année.

Il y a un véritable besoin d’approfondissement des connaissances sur l’écologie de cette espèce, afin de pouvoir assurer une observation respectueuse et durable des animaux. Les cycles vitaux de toutes les espèces marines sont différents, et il est nécessaire d’adapter les règles pour permettre de diminuer l’impact des observations sur les cétacés.

Il est important de notifier toutefois que les nouvelles sont plutôt bonnes sur les cinq dernières années à La Réunion. En effet, selon les informations et relevés pris par l’équipe Quiétude, l’activité s’organise de manière de plus en plus responsable au fil du temps. Les règles sont globalement respectées et une véritable communication s’effectue entre les opérateurs afin de pouvoir approcher de la manière la moins intrusive les groupes d’animaux. L’article est disponible en anglais sur ce lien.

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