La réhabilitation pour des plages favorables
à la ponte des tortues marines à La Réunion
Une solution fondée sur la nature en faveur des tortues marines
Avant l’installation humaine, l’île de La Réunion accueillait de nombreuses tortues marines qui venaient y pondre.
Représentant une source de nourriture importante, accessible et légale à l’époque des premiers habitants de l’île, les pontes sont devenues exceptionnelles.
La préservation des tortues marines à La Réunion nécessite des actions de réhabilitation écologique de leur habitat de ponte : les plages.
La réhabilitation d’un milieu naturel cherche à rétablir un équilibre fonctionnel,
compatible avec les dynamiques actuelles, grâce à des solutions fondées sur la nature.
Dans notre cas, cela se traduit par la revégétalisation des plages.
En plantant des espèces végétales locales adaptées au littoral, nos objectifs principaux sont :
- De redonner aux plages leur fonction d’habitat de ponte de tortues marines,
- D'accroître le linéaire favorable à la ponte de tortues marines,
- D’augmenter le nombre de tortues marines reproductrices à La Réunion.
Le CEDTM intervient à travers des études, des actions de terrain et de sensibilisation dans une approche multithématique.
Des chiffres clés
Nos thématiques liées à la réhabilitation des plages
L’érosion
La végétation
La pollution lumineuse
La pollution plastique
Des plages pour les Tortues Marines
Nos actions pour la réhabilitation des plages
Plantation d'espèces endémiques et indigènes
Une espèce endémique est une espèce dont l’aire de répartition est limitée à une région géographique particulière et qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
Une espèce indigène est une espèce dont la présence dans une région géographique donnée est le résultat d’un processus naturel (courants marins, vent ou animaux).
Cette végétation joue un rôle crucial dans la reproduction des tortues marines :
Par les odeurs qu’elle génère elle permettrait aux tortues de localiser les plages favorables à la ponte. C’est la théorie de la « plume olfactive ».
Elle contribue à la préservation des plages en limitant le départ du sable de la plage et en atténuant l’impact des houles sur le littoral.
L’ombre des arbres sur les nids régule la température du sable et favorise de bonnes conditions d’incubation des oeufs.
L’écran végétal formé par les arbres et les arbustes réduit l’impact des pollutions lumineuses et sonores.
Par la plantation d’espèces endémiques et indigènes nous participons à la promotion du patrimoine naturel de La Réunion et à la lutte contre l’érosion du littoral réunionnais.
Chiffre clé
Sept espèces indigènes ou endémiques de La Réunion ont été sélectionnées
par le CBN-CPIE Mascarin, l’ONF et Kelonia :
Indigène des Mascareignes, liane rampante à tiges radicantes (avec racines), qui aide à stabiliser les plages de sable.
Patate à Durand
Indigène des Mascareignes, liane rampante qui aide à stabiliser les plages de sable. De la famille des Fabacées, elle enrichie le sol en azote.
Patate Cochon
Indigène des Mascareignes, cette espèce crée de l'ombre sur les plages et régule la température du sol, importante pour l'incubation des nids de tortues marines.
Manioc Bord de Mer
Indigène des Mascareignes, cette espèce fournit un couvert végétal attractif et de l'ombrage. Elle constitue également une ressource alimentaire pour la chenille du papillon diurne indigène : Utetheisa relata
.
Veloutier
Deux espèces semblables qui, placées en arrière-plage, créent un écran de protection contre la pollution lumineuse et sonore. Le suc de l'écorce du tronc ou le jus extrait des racines permet de teindre des tissus, d'où "bois de peinture".
Porcher - Bois de Peinture
Un arbre qui participe à protéger les plages de la pollution lumineuse et sonore. Ses fleurs ne durent qu’un jour et changent de couleurs durant cette journée.
Mahot Bord de Mer - Mova
Seul palmier endémique de La Réunion, c’est aussi un des seuls arbres fruitiers que les premiers arrivants de l’île ont trouvés. Adapté à l’arrière-plage, il participe à atténuer la lumière et le bruit sur les plages.
Latanier Rouge
Lutte contre les Espèces Végétales Exotiques Envahissantes (EVEE)
Une Espèce Exotique Envahissante (EEE) est une espèce qui a été introduite volontairement ou involontairement par l’Homme dans un territoire donné et qui influence négativement les espèces indigènes et endémiques de ce territoire.
Cette végétation peut être problématique pour les tortues marines :
Cette végétation se développe très souvent au détriment des espèces indigènes et endémiques moins compétitives face aux ressources et pourtant favorables à la ponte des tortues marines.
En se développant, cette végétation peut modifier la plume olfactive de l’île et ainsi son attractivité pour la ponte des tortues marines, qui peuvent ne plus reconnaitre leur site de ponte.
Par leur système racinaire, les EEE peuvent durablement modifier le profil des plages et même accentuer leur érosion. Or, l’érosion des plages réduit l’accessibilité des sites de ponte et exposent les nids au risque d’être emportés par les houles.
En luttant contre les Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) nous participons à la sauvegarde du patrimoine naturel de La Réunion.
Chiffre clé
À La Réunion on récence 5 EVEE principalement présentes sur les plages :
Une des espèces les plus envahissantes au monde selon UICN. Il forme des fourrés denses monospécifiques impénétrables, entre en compétition avec les espèces indigènes et peut altérer la geomorphologie de la plage.
Zépinard
Anciennement planté pour le bois de chauffe, il abaisse les nappes phréatiques, rend les sols secs et stériles (en modifiant les conditions biochimiques), altère la dynamique naturel des sédiments (accentuant l’érosion des plages) et peut prédater les œufs des tortues par ses racines.
Filao
Introduit pour développer une industrie de fibres, le choka bleu est aujourd'hui considéré comme une peste végétale à éradiquer. Elle envahit le littoral grâce à son fort pouvoir colonisateur et sa forte capacité de résistance à la sécheresse.
Choka bleu
Introduite et cultivée comme plante fourragère, depuis le déclin des pratiques pastorales traditionnelles, cette espèce envahit aujourd'hui les savanes et le littoral de La Réunion.
Cassie - FAUX MIMOSA
Inscrite dans la liste des espèces envahissantes niveau 3 sur 5 : taxon exotique envahissant se propageant uniquement dans les milieux régulièrement perturbés par les activités humaines.
Tamarin de l'inde
Réduction de la pollution lumineuse
Les tortues marines sont adaptées au milieu marin et sont donc très vulnérables lors de leur phase terrestre. Les lumières et les sons émis depuis les plages de ponte et/ou depuis le littoral peuvent négativement influencer les tortues marines.
Les pollutions lumineuses peuvent nuire à la reproduction des tortues marines en agissant sur :
Très vulnérables sur le milieu terrestre, les tortues marines ont besoin d’un lieu calme pour pondre. Gênées par les lumières ou les bruits, les femelles peuvent abandonner leur montée sur le site de ponte. Cet abandon peut provoquer l’expulsion des œufs en mer et donc un échec de reproduction
Les pondeuses peuvent interrompre ou altérer les différentes phases de la ponte (creusement, ponte, recouvrement et camouflage). Bien qu’il puisse y avoir une ponte, si la femelle ne recouvre ou ne camoufle pas correctement le nid, les œufs auront moins de chance d’arriver à maturité.
En plus de la mise en place d’un écran végétal de protection, notre objectif est de rendre les éclairages compatibles avec les pontes.
Chiffre clé
La Charte Nature & Nuit à La Réunion
La Charte
Réduction des déchets
Nos déchets n’impactent pas seulement nos sols et nos eaux, donc notre santé, mais également nos océans et toute leur biodiversité.
La production de déchet est telle que des continents entiers de déchets se forment, des débris de plastique se retrouvent dans les estomacs des tortues marines et même dans nos assiettes !
Les tortues marines peuvent mourir à cause des déchets que nous produisons :
Les déchets peuvent provoquer des problèmes de respiration chez les tortues marines.
En s’emmêlant avec des déchets, notamment des filets de pêche abandonnés, les tortues peuvent se retrouver coincées sous l'eau et ne plus pouvoir remonter respirer.
Les tortues peuvent ingérer du plastique par confusion avec de la nourriture. Les algues se développant sur les déchets restés longtemps en mer, les trompent par l’odeur.
Cette ingestion peut provoquer des perforations et des occlusions intestinales. Si l’estomac est rempli de déchets plastiques, la tortue peut mourir de maigreur.
Les déchets organiques attirent les animaux errants et peuvent ainsi être à l’origine de l’abandon de la montée des femelles, de la destruction des nids ou encore de la prédation des nouveau-nés.
« Le meilleur déchet, c’est celui qui n’existe pas. »
Ramasser et recycler c’est bien, réduire c’est mieux !
Le saviez-vous ?
La sensibilisation
Sensibiliser à la problématique des tortues marines passe par le respect de l’animal mais aussi et principalement par le respect de ses milieux de vie : les océans et les plages de ponte ; environnements que nous partageons avec elles.
La première règle de l’écologie est que les éléments sont tous liés les uns aux autres. Nous avons ainsi tous notre part de responsabilité (citoyens et institutions) dans l’avenir des tortues marines mais aussi plus généralement dans l’avenir de notre environnement.
Respecter les tortues marines, ce n’est pas seulement respecter l’animal mais également son milieu de vie et de ponte : les océans et les plages.
Chiffres clés
de plantation (en majorité), de lutte et de ramassage de déchets ont eu lieu depuis 2017.
sensibilisées grâce aux ateliers, stands et conférences.
