Des plages pour les tortues marines

Les actions

Plantation d'espèces endémiques et indigènes

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Une espèce endémique est une espèce dont l’aire de répartition est limitée à une région géographique particulière et qu’on ne trouve nulle part ailleurs. 
Une espèce indigène est une espèce dont la présence dans une région géographique donnée est le résultat d’un processus naturel (courants marins, vent ou animaux).

Cette végétation joue un rôle crucial dans la reproduction des tortues marines :

Par les odeurs qu’elle génère elle permettrait aux tortues de localiser les plages favorables à la ponte. C’est la théorie de la « plume olfactive ».

Elle contribue à la préservation des plages en limitant le départ du sable de la plage et en atténuant l’impact des houles sur le littoral.

L'ombre des arbres sur les nids régule la température du sable et favorise de bonnes conditions d'incubation des oeufs.

L'écran végétal formé par les arbres et les arbustes réduit l'impact des pollutions lumineuses et sonores.

Par la plantation d'espèces endémiques et indigènes nous participons à la promotion du patrimoine naturel de La Réunion et à la lutte contre l'érosion du littoral réunionnais.
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Sept espèces indigènes ou endémique de La Réunion ont été sélectionnées par le CBN-CPIE Mascarin, l’ONF et Kelonia :

Lutte contre les Espèces Exotiques Envahissantes (EEE)

Une Espèce Exotique Envahissante (EEE) est une espèce qui a été introduite volontairement ou involontairement par l’Homme dans un territoire donné et qui influence négativement les espèces indigènes et endémiques de ce territoire.

 

Cette végétation peut être problématique pour les tortues marines :

Cette végétation se développe très souvent au détriment des espèces indigènes et endémiques moins compétitives face aux ressources et pourtant favorables à la ponte des tortues marines.

En se développant, cette végétation peut modifier la plume olfactive de l'île et ainsi son attractivité pour la ponte des tortues marines, qui peuvent ne plus reconnaitre leur site de ponte.

Par leur système racinaire, les EEE peuvent durablement modifier le profil des plages et même accentuer leur érosion. Or, l'érosion des plages réduit l'accessibilité des sites de ponte et exposent les nids au risque d'être emportés par les houles.

En luttant contre les Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) nous participons à la sauvegarde du patrimoine naturel de La Réunion.

A La Réunion on récence 5 principales EEE présentes sur les habitats de ponte des tortues marines :

Réduction de la pollution lumineuse

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Les tortues marines sont adaptées au milieu marin et sont donc très vulnérables lors de leur phase terrestre. Les lumières et les sons émient depuis les plages de ponte et/ou depuis le littoral peuvent négativement influencer les tortues marines. Pour réduire cette pollution, il faut réduire l’intensité, régler l’orientation et optimiser la durée des éclairages.

Les pollutions lumineuses peuvent nuire à la reproduction des tortues marines en agissant sur :

Très vulnérables sur le milieu terrestre, les tortues marines ont besoin d’un lieu calme pour pondre. Gênées par les lumières ou les bruits, les femelles peuvent abandonner leur montée sur le site de ponte. Cet abandon peut provoquer l’expulsion des œufs en mer et donc un échec de reproduction.

Les pondeuses peuvent interrompre ou altérer les différentes phases de la ponte (creusement, ponte, recouvrement et camouflage). Bien qu’il puisse y avoir une ponte, si la femelle ne recouvre ou ne camoufle pas correctement le nid, les œufs auront moins de chance d’arriver à maturité.

La lumière étant le principal indice utilisé par les nouveau-nés pour rejoindre la mer, la pollution lumineuse peut provoquer leur désorientation et donc leur mortalité (par déshydratation ou prédation).

En plus de la mise en place d’un écran végétal de protection, notre objectif est de rendre les éclairages compatibles avec les pontes.

Collecte de déchets

Nos déchets n’impactent pas seulement nos sols et nos eaux et donc notre santé mais également nos océans et beaucoup de créatures qui y vivent.
La production de déchet est tellement faramineuse que des continents entiers de déchets se forment, que des débris de plastique de retrouvent dans les estomacs des tortues marines et même dans nos assiettes ..!

Les tortues marines peuvent mourir à cause des déchets que nous produisons :

Les déchets peuvent provoquer des problèmes de respiration de la tortue marine.

    • En s'en mêlant avec des déchets, notamment des filets de pêche, la tortue peut se retrouver coincée à ne plus pouvoir respirer.
    • En ingérant des déchets plastiques, notamment des sac plastique, la tortue peut être asphyxiée.

Les tortues peuvent ingérer du plastique soit par confusion avec de la  nourriture soit de manière opportuniste. Cette ingestion peut provoquer des perforations et occultions intestinales.

Les déchets organiques attirent les animaux errants et peuvent ainsi être à l’origine de l’abandon de la montée des femelles, de la destruction des nids ou encore de la prédation des nouveau-nés.

"Le meilleur déchet, c'est celui qui n'existe pas."
Ramasser et recycler c'est bien, réduire c'est mieux !

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La sensibilisation

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Sensibiliser à la problématique des tortues marines passe par le respect de l’animal mais aussi et principalement par le respect de son environnement de vie et de reproduction : les océans et les plages de ponte ; environnements que nous partageons avec elles.

La première règle de l’écologie est que les éléments sont tous liés les uns aux autres. Nous avons ainsi tous notre part de responsabilité (citoyens et institutions) dans l’avenir des tortues marines mais aussi plus généralement dans l’avenir de notre environnement.

A travers nos actions de sensibilisation nous traitons plusieurs thématiques sur lesquelles chacun d’entre nous peut agir :

La meilleure façon de réduire l’impact des déchets est de réduire leur nombre. Nous pouvons réduire nos déchets par des gestes simples comme l’utilisation d’objets réutilisables, la réparation d’objets endommagés, le refus d’objets jetables (comme les sacs plastiques, les pailles en plastiques etc..). D’autre part, pour réduire l’impact des animaux errants sur les tortues marines mais aussi sur les oiseaux, il est important de rapporter ses déchets organiques chez soit (et pourquoi pas les mettre au compost !).

Pour réduire l’érosion des plages, les constructions et la fréquentation du littoral doivent être étudiées en conséquent. L’urbanisation des secteurs de haut de plage doivent être évités, tout comme les murs de protection qui favorisent le départ de sédiment.

A l’échelle des citoyens, limiter l’érosion des plages passe par le respect de la végétation et du récif corallien, tous deux des éléments qui protègent les plages de l’action des vagues. Les actions de nettoyages mécaniques des estrans coralliens sont à éviter.

Pour réduire la pollution lumineuse, il est préconisé de n’éclairer que le nécessaire, à l’échelle spatiale et temporelle. Pour cela des déflecteurs et de détecteurs de mouvements peuvent être installés. L’impact de la pollution lumineuse sur les tortues marines peut également être réduit en utilisant des lumières qui émettent davantage dans le rouge ou l’orangé (comme les LED ambrés ou des diodes électroluminescentes (DEL) et en limitant les lumières qui s’orientent vers la mer.

Dans l’eau, pour observer une tortue et vivre une belle rencontre, il faut rester calme et à distance, sans la poursuivre ni la toucher.

Lors de déplacement en zone côtière, il est important de réduire sa vitesse à 4 nœuds car le risque de collision avec une tortue marine est fort (vous pouvez consulter la charte d’approche des mammifères marins et des tortues marines à La Réunion sur notre site CEDTM quiétude).

Respecter les tortues marines, ce n’est pas seulement respecter l’animal mais également son milieu de vie et de ponte : les océans et les plages.

La végétation a été choisie sur les recommandations du Conservatoire Botanique National des Mascarins (CBNM). Une liste de 7 espèces végétales a été identifiée et composée en plusieurs strates en fonction de leur répartition sur le littoral.
    • En zone supra-littorale : une végétation basse composée des lianes telles que la « Patate à Durand » et la « Patate Cochon » qui s’étalent sur la partie de la plage la plus mobile, à la limite de la zone de déferlement des vagues. Les premiers fourrés arbustifs sont composés de « Veloutier bord de mer » et de « Manioc bord de mer » résistant aux embruns, ils apprécient les sols bien drainés dans lesquels s’étire leur système racinaire diffus. Ils constituent le premier écran contre les nuisances sonores et lumineuses. Il s’agit de la zone de ponte des tortues marines. Il est donc important de maintenir le couvert herbacé et arbustif pour fournir des zones d’ombrage et assurer le maintien du sable.
    • En zone ad-littorale : une végétation haute constituée de trois espèces d’hibiscus (les deux « Porchers ou Bois de Peinture » et le « Mova ou Mahot bord de mer ») formant un sous-bois sombre circonscrit la plupart du temps dans la dépression d’arrière plage. Cette forêt est suivie d’une forêt sèche représentée principalement en frange littorale par une espèce endémique de La Réunion, le « Latanier Rouge ». Protégées des embruns par les fourrés de veloutiers et les hibiscus, quelques espèces typiques de la côte ouest parviennent à se développer.
Latanier Rouge (Latania lontaroides) Mahot Bord de Mer (Hibiscus tiliaceus) Porcher (Thespesia populnea et populneoides)
Manioc Bord de Mer (Scaevola taccada) Veloutier (Heliotropium foertherianum)
Patate à Durand (Ipomea pescaprae) Patate Cochon (Canavalia rosea)

Les étages de végétation

Les espèces envahissantes

Une espèce invasive : Le zépinard Prosopis juliflora. Il importe de lutter contre cette espèce. Pour plus d’information, consulter les Ressources.

Quelques définitions

  • Espèce endémique :  Espèce dont l’aire de répartition est limitée à une région géographique particulière et qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Les espèces hautement endémiques, avec des aires de répartition très réduites, sont particulièrement vulnérables à l’extinction si leur habitat naturel est supprimé ou significativement endommagé.
  • Espèce invasive :  Espèce non indigène, introduite accidentellement ou délibérément hors de son aire de distribution, qui affecte négativement des habitats et des biorégions sur les plans écologique, environnemental et économique. Elle peut constituer une grave menace pour la biodiversité en contribuant à éliminer des espèces locales qui peuvent s’avérer moins compétitives. Elle se développe d’autant mieux si elle trouve une niche écologique vacante et si aucun prédateur local n’est adapté à son contrôle. Elle crée des perturbations en dominant une région, une aire protégée, des habitats particuliers et/ou des interfaces entre des zones urbaines ou naturelles en raison de pertes de contrôle de ces espèces.
Source : Dictionnaire encyclopédique de la diversité biologique et de la conservation de la nature. Patrick Triplet