Le Projet

2 8 5 6 plants réintroduits !

Réhabiliter les plages de ponte de tortues marines à La Réunion

Ce projet est une mesure de compensation (MCM03) de l’opération Nouvelle Route du Littoral financée par la Région Réunion, l’Etat et l’Union Européenne. Cette mesure répond à une action prioritaire du Plan national d’Actions Tortues Marines.

Si on observe une augmentation des populations de tortues marines en mer, la population en ponte de La Réunion (tortue verte) reste très faible (une femelle tous les 3 ans), alors que cette dernière fut autrefois abondante.

Un des facteurs principaux est la pression que l’Homme exerce sur l’habitat de ponte :  les plages.

Il est aujourd’hui essentiel de restaurer ces plages afin qu’elles soient de nouveau adaptées à la montée des tortues marines.

Pour cela, il est possible d’agir sur :

  • Le couvert végétal : une hypothèse forte suppose que les plantes émanent des odeurs qui permettent aux tortues marines de s’orienter, on parle de « plume olfactive ». De plus, le couvert végétal offre des conditions propices à la ponte et à l’incubation des œufs des tortues marines. Plus généralement, il limite l’érosion des plages et la pollution lumineuse et sonore.
  • La pollution lumineuse : elle effraie les femelles en ponte et désoriente les nouveau-nés lorsqu’ils émergent du nid.
  • La sur-fréquentation des plages : le piétinement important du sable (compactage), empêche les femelles de pouvoir creuser leur nid.
  • La morphologie de la pente de plage.

Objectif général du projet

Accroitre le nombre de sites favorables à la ponte de tortues marines en réhabilitant cinq hectares de plages de ponte potentielle de tortues marines sur la côte ouest réunionnaise.

Objectifs spécifiques

  • Revégétaliser les plages de pontes potentielles en remplaçant les espèces invasives par des espèces indigènes ou endémiques, attractives pour les tortues marines ;
  • Réduire les nuisances pour la ponte des tortues sur les différents sites : pollutions lumineuse et sonore, déchets, usages, prédateurs ;
  • Réaliser des actions de sensibilisation et communication auprès du grand public, des scolaires et des institutionnels.

Objectifs induits

  • Promouvoir et préserver des espèces végétales patrimoniales ;
  • Lutter contre les espèces exotiques envahissantes (EEE) ;
  • Limiter l’érosion des plages ;
  • Restaurer un environnement favorable à l’ensemble de l’écosystème côtier réunionnais : oiseaux marins, récif corallien…

À quelles attentes répond cette mesure ?

Le Plan National d’Actions (PNA) tortues marines pour les territoires français du sud-ouest de l’Océan Indien (SOOI), valable sur une durée de 5 ans (2015-2020) et coordonné par la DEAL, fixe la stratégie à mettre en œuvre pour la conservation des populations d’espèces de tortues marines visées, et en décline les actions nécessaires.

A La Réunion, il répond aux enjeux et besoins identifiés à l’échelle locale, en s’inscrivant dans la continuité des programmes existants et en proposant des actions nouvelles nécessaires pour permettre la conservation voire la restauration des populations de tortues marines dans l’archipel des Mascareignes et plus largement dans toute la sous-région SOOI.

Ce plan d’actions prévoit en Objectif Spécifique 3 « Protéger et restaurer les habitats prioritaires des tortues marines » un objectif opérationnel 3.2 « Conserver et restaurer les plages de ponte des tortues marines » qui se décline en actions parmi lesquelles l’action 3.2.2 « Réhabiliter les plages de ponte ». La MCM03 correspond donc à la mise en œuvre de cet objectif opérationnel du PNA.

Le Centre d’Etude et de Découverte des Tortues Marines (CEDTM) s’est vu confier le 15 décembre 2016 par la Région Réunion la mise en œuvre de la Mesure de Compensation Marine de l’opération Nouvelle Route du Littoral « Restauration des plages de ponte de tortues marines à La Réunion » (MCM03). Par cette mesure qui s’inscrit directement dans l’action 3.2.2 du PNA, la Région Réunion se positionne en faveur d’une restauration écologique des plages afin de recréer des habitats de ponte favorables aux tortues marines.

À qui s’adresse le projet ?

  • Le grand public à travers la préservation, la sensibilisation, la responsabilisation et la valorisation des composants du littoral et du milieu marin côtier suivants : la lutte contre l’érosion des plages, la protection du milieu récifal en lien avec l’état de santé des plages, la préservation du patrimoine végétal réunionnais et la mise en avant de cet atout touristique, la préservation d’une espèce animale emblématique qu’est la tortue marine et l’avifaune présente sur le littoral ;
  • Les scolaires à travers des ateliers de sensibilisation et la diffusion de supports pédagogiques pour répondre aux besoins des programmes scolaires sur les thématiques de l’environnement, du développement durable, de l’éducation. Il s’agit d’impliquer les jeunes tout au long du projet, de la production des plants à la plantation et au suivi des plants sur site ;
  • La communauté scientifique à travers l’approfondissement des connaissances (étude, récolte de données et analyse) sur la morphologie des plages et l’état de santé du récif corallien en lien avec la végétation de la plage, en partenariat avec Kélonia, le CBNM, la DEAL, l’ONF, le BRGM, la RNMR, la SEOR, l’Université de La Réunion ;
  • Collectivités, administrations et gestionnaires à travers la production d’outils d’aide à la décision pour les politiques d’aménagements et de gestion du littoral (guide d’aménagements, panneaux de sites, itinéraires de plantation, etc…).



Les Plages

La comparaison de nombreux sites de ponte a montré qu’il n’existait pas de plage « type » pouvant accueillir les tortues. La sélection d’un site de ponte se base néanmoins sur différentes conditions minimales permettant de mettre en avant les sites favorables au retour des tortues marines :

  • l’historique de ponte récent ou passé
  • la facilité d’accès par la mer (présence de passes, hauteur de plage peu élevée et granulométrie fine par exemple)
  • le site doit être peu éclairé et peu fréquenté
  • la présence d’une végétation originelle de haut de plage
  • une réglementation peu contraignante aux actions de restauration
  • une acceptation/implication des gestionnaires ou propriétaires concernés

Ce sont essentiellement des plages coralliennes de la Côte Ouest ayant gardé un caractère naturel, sans intervention majeure de l’homme en termes d’urbanisation. Ces plages sont peu fréquentées et les activités récréatives peu présentes. La relative tranquillité des lieux, la présence de vestiges de végétation originelle, sont autant d’autres facteurs favorables au retour des tortues marines .

Quatre sites ont été retenus pour la mise en œuvre de la mesure, couvrant une surface de cinq hectares de plage :

  • Plage de Cap Champagne (Nord de Boucan Canot, Commune de Saint-Paul)
  • Plage de Souris Chaude (Pointe de Trois-Bassins, Commune de Trois-Bassins),
  • Plage du Cimetière à Saint-Leu (Commune de Saint-Leu),
  • Plage de la Ravine Mulat (Commune d’Etang Salé).